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5 rappeuses françaises de la Gen Z à connaître

La rappeuse française Surprise, allongée sur son lit, un manga ouvert à la main
La rappeuse française Surprise, allongée sur son lit, un manga ouvert à la main
Surprise, l’une des cinq rappeuses du guide.

Vous avez usé Theodora, vous connaissez les couplets de Lala &ce par cœur, et les playlists « rap féminin » vous resservent les mêmes noms depuis deux ans. Juste à côté existe une scène entière de jeunes rappeuses françaises qui commencent à remplir des salles sans major derrière elles…

OSO

OSO est une rappeuse et chanteuse née en 2002, originaire de Valence et installée à Lyon. Son nom a commencé à circuler quand Dinos a samplé un de ses refrains pour VIRAL, morceau de son album Kintsugi paru en novembre 2024, en la créditant en featuring. Elle navigue entre cloud rap, R&B et hyperpop sans jamais se fixer nulle part.

Léa de son prénom, elle a construit sa discographie par EP successifs : Flashback en 2022, osowhereRu ? en 2023, Tundra XP en 2024, puis LE MALENTENDU en 2025 et INNER_CHILD le 5 mai 2026. Entre-temps, elle a assuré les premières parties d’Isha à Paris et Bruxelles, celles de Kalika à Lyon, et elle est passée par la mixtape 23 MEGASPHERE du réalisateur Mario Roudil.

INNER_CHILD prolonge LE MALENTENDU et raconte une reconquête : celle de l’enfant que l’artiste dit avoir trop souvent mis de côté. Sur NO SENSE, portée par une instru hyperpop, elle refuse de faire semblant que tout est normal.

Surprise

Surprise a 22 ans et produit sa musique elle-même depuis trois ans. Depuis son premier projet L’Inverse en 2023, elle a enchaîné l’album Le plus beau des monstres en 2024 et l’EP Si y’a un monde en 2025. Son troisième album, Une pieuvre dans un seau, est sorti le 8 mai 2026 : onze titres qu’elle a produits seule, distribués par Modulor. Deux semaines plus tard, elle remplissait La Maroquinerie à Paris.

Sous la douceur apparente des mélodies, le disque parle de solitude et de notoriété comme de deux symptômes du même système. Sur Quand il dort, elle chante qu’elle ne se sent à sa place que sur scène. Sa voix est sa signature : basse, traînante, volontairement nonchalante, puis rattrapée d’un coup par une scansion sèche.

Mandyspie

Mandyspie est née en 2000 à Montréal, d’une mère québécoise et d’un père français. Elle a grandi au Canada jusqu’à ses 13 ans avant de suivre son père à Saint-Denis, où elle a passé toute son adolescence. Depuis 2020, elle publie sur SoundCloud un rap hybride qui empile trap, jersey club, rock et nappes électroniques.

Son vrai prénom est Morgan, en référence à la fée Morgane. Son père, rappeur amateur passionné de Wu-Tang Clan, l’emmenait enfant à des battles ; elle, elle écoutait Lady Gaga, Rihanna et Avril Lavigne. Ce grand écart n’a jamais été résolu, et c’est précisément ce qui rend sa musique reconnaissable en trois secondes.

Elle rappe en flow DMV, une manière de poser volontairement en dehors des temps, née sur la côte est américaine et importée en France au début des années 2020. Son EP MINUIT MOINS UNE, paru en juin 2025, emprunte son titre à Cendrillon et s’articule autour de FAIRYTALE et INSTABLE. Un an plus tôt, Monster Therapy avait posé les bases de cet univers de fête triste et de néons pâles.

Le détail qui dit tout de sa génération : un de ses producteurs, Bounce Kid, a 19 ans, vit en Sibérie, fabrique des prods aux rythmiques brésiliennes, et elle ne l’a jamais rencontré. Côté français, elle travaille avec Idée Noire, avec qui elle a monté le projet commun M12 aux côtés de la rappeuse Douze Déluge. Les deux ont ouvert le Grünt Festival en octobre 2025.

Creamy G

Creamy G, de son vrai nom Gaby, est une artiste marseillaise d’origine tunisiano-polonaise. Elle a commencé par fabriquer des instrumentales avant d’enregistrer sa propre voix, et elle réalise encore une large part de ses visuels. Son projet L’AMOUR DU RISQUE est sorti le 27 février 2026.

Elle a imaginé son nom de scène à 12 ans, inspiré par le Wu-Tang Clan et par Juicy J de Three 6 Mafia, et ne l’a jamais abandonné. Depuis dix ans, elle compose, dessine, peint et s’essaie à l’animation 2D. C’est l’univers autotuné d’Hamza qui l’a décidée à s’autoproduire ; côté américain, elle regarde du côté de Vayda, BabyXSosa et bktherula.

Sa discographie tient à l’album Love Season en 2022, l’EP Mon Amour, Comment Ça Va ? le 14 février 2024, puis Soleil Sur Moi en octobre 2024, sept titres écrits comme un hommage à Marseille. Le single +30° l’a sortie du bois. Membre du collectif Bonnie’s House, elle a été classée par Qobuz parmi ses dix artistes rap à suivre en 2026.

L’AMOUR DU RISQUE est l’endroit où elle cesse de choisir un genre : la dance sur JUSTE DANSER, la drum’n’bass et les voix robotisées sur BODYTALK, puis TON CIEL qui vire à la synthwave, ce revival de synthés et de boîtes à rythmes des années 1980. Le fil rouge reste le même : les relations qui abîment, les excès, la nuit qui ne se referme pas.

Asinine

Asinine est une rappeuse marseillaise apparue début 2022 avec C’est les autres, son premier morceau solo. Elle n’accorde presque aucune interview et ne se montre quasiment jamais. Le 5 février 2026, elle remplissait pourtant La Cigale à Paris.

Son arme est l’image. Filière littéraire au lycée, lectrice de Kundera, d’Éluard et de Prévert, elle a compris ce qu’elle voulait faire en découvrant que Gainsbourg avait mis un poème de Prévert en musique. Sur son premier morceau, elle personnifie déjà la vie en fumeuse accoudée à sa fenêtre. C’est le geste qu’elle n’a plus lâché depuis : donner un corps à ce qui n’en a pas.

Son EP La jetée, paru en mars 2025, compte huit titres et laisse pour la première fois passer un peu de lumière. Il succède à Brûler la maison en 2024. Derrière presque tous ses morceaux se tient le même beatmaker, Briac Severe, rencontré dans un groupe de rappeurs marseillais, qui compose ou co-compose la majeure partie de ses morceaux. Elle a aussi travaillé avec les producteurs Kosei et Ikaz Boi.

Anchorage est le morceau où elle craque son armure. Un piano-voix, sa mère, sa sœur, les métiers que chacune aurait pu exercer, et cette idée que les rêves valent mieux quand ils sont les siens. Le passage le plus autobiographique de sa discographie, écrit par une artiste qui répète pourtant qu’elle ne se livre pas.